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lundi 5 mai 2008

Une année avec Sarkozy

Le Parti socialiste a célébré à sa manière la première année au pouvoir de Nicolas Sarkozy, en lançant une campagne intitulée "un an de désillusion et de régression".

Pour Ségolène Royal, battue le 6 mai 2007 par le candidat de l'UMP, le chef de l'Etat "au lieu d'être le président du pouvoir d'achat est le président de la régression sociale".

"Ce président avait beaucoup de cartes en mains il y a un an. Il les a gaspillées. Il ne faut pas s'en réjouir. La situation de la France est grave aujourd'hui", ajoute l'ancienne candidate présidentielle dans "L'Hebdo des socialistes", un journal distribué aux militants.

Son agenda de lundi et de mardi, jour anniversaire de la victoire de la droite, ne comporte aucun rendez-vous formel pour évoquer la première année de présidence Sarkozy.

Dans Le Parisien, François Hollande, estime de son côté que "Nicolas Sarkozy a été le Monsieur plus pour les riches et le Monsieur moins pour tous les autres".

"C'est le président du gâchis. Il a gaspillé 15 milliards d'euros en exonérations et cadeaux fiscaux", ajoute le premier secrétaire du PS, qui raille également le passage du "bling-bling au couac-couac".

Au total, 300.000 affiches illustrant les difficultés des Français - pouvoir d'achat, franchises médicales, augmentation des loyers, étudiants et retraités paupérisés - ont été tirées ainsi que trois millions de tracts.

Les socialistes y réclament à nouveau l'annulation du "paquet fiscal", la tenue d'une conférence sociale sur les salaires, l'encadrement des loyers, la baisse de la TVA sur les matières de première nécessité, la généralisation du "chèque transport" et l'annulation des franchises de santé.

"SE SOIGNER OU REMPLIR LE FRIGO?"

Au fil des pages, "L'Hebdo des socialistes" dresse la liste des "promesses non tenues", des "promesses tenues mais inefficaces" et enfin des "promesses malheureusement tenues".

En fin de publication, la rédaction publie dans la section "Culture - Livres" une critique croisée et ironique de "deux livres qui auraient dû être publiés avant le 6 mai 2007".

Les deux ouvrages - "Ça va mal finir", de François Léotard et "Des hommes d'Etat", de Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin - ont été rédigés par des hommes politiques de droite critiquant le bilan de Nicolas Sarkozy.

"Après un an, jamais un président n'avait connu une telle impopularité", a souligné Bruno Le Roux, secrétaire national du PS, lors d'un point de presse au siège du PS.

"C'est une année que les Français sanctionnent très durement (...) une politique injuste vécue quotidiennement", a-t-il ajouté, dénonçant le "boulet fiscal" des allégements d'impôts de la loi TEPA, adoptée l'été dernier.

En plus des engagements de campagne non tenus, il a évoqué les "moments d'humiliation" de l'an passé, aux yeux des socialistes, comme la visite de Mouammar Kadhafi à Paris, "le blanc-seing donné à la Tunisie" ou les discours présidentiels de Dakar et de Latran.

"Aujourd'hui, il y a des Français qui se posent la question s'ils doivent se soigner ou remplir leur frigo", a renchéri de son côté Razzye Hammadi, pour qui la France est aujourd'hui en "état d'urgence sociale".

""Des erreurs ont été faites mais pas seulement des erreurs de communication", a dit le jeune secrétaire national chargé de la "riposte".

Face à cette situation, le PS est "dans la nécessité de proposer". "Il n'y a pas de fatalité, vivre mieux est possible", a-t-il assuré, reprenant l'autre slogan de la campagne qui culminera samedi par une journée de débat et de tractage organisés par les fédérations départementales du PS.

"Nous avons le devoir de montrer qu'une autre politique est possible, donc de marteler nos contre-propositions", insiste Ségolène Royal dans le journal militant.


dimanche 30 décembre 2007

Interrogé sur ses vacances égyptiennes, Sarkozy botte en touche

"Que répondez-vous à celles et ceux qui pointent le risque d'un conflit d'intérêts", a-t-on demandé à Nicolas Sarkozy, qui est parti en vacances en Egypte avec Carla Bruni à bord d'un jet de l'homme d'affaires Vincent Bolloré. "Rien", a répondu le chef de l'Etat.

"J'aurai l'occasion d'évoquer toutes ces questions et bien d'autres au moment de la conférence de presse que je tiendrai en France le 8 janvier", a-t-il ajouté avant de manier l'ironie à l'égard des journalistes.

"Je remercie les médias français de s'intéresser davantage à mon déplacement qu'ils ne s'intéressaient à ceux de mes prédécesseurs et je suis très heureux de la publicité qui a été ainsi faite à des lieux merveilleux que je conseille que sont Louxor et Charm el Cheikh", a-t-il déclaré.
Sa visite officielle de 24 heures en Egypte clôt une semaine de vacances de Noël qui a déclenché une polémique en France, l'opposition s'interrogeant sur les "contreparties" que pourraient obtenir Vincent Bolloré.

mercredi 29 août 2007

TURQUIE • Abdullah Gül le républicain laïque



E
lu président de la Turquie, mardi 28 août, à l'issue d'un troisième tour de scrutin au parlement d'Ankara, l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül s'est engagé à défendre la laïcité républicaine en chef d'Etat impartial, montrant ainsi le souci d'apaiser les tensions intérieures.




Abdullah Gül est le premier dirigeant issu de la mouvance islamiste à accéder à la présidence de la Turquie, pays à forte majorité musulmane où l'armée se pose en gardienne du système laïque.

Le général Yasar Büyükanit, chef d'état-major des forces armées, a accusé lundi des "centres du mal" de chercher à détruire la république laïque, laissant ainsi entendre que les militaires ne resteraient pas passifs au cas où le principe de la séparation de l'Etat et de la religion leur semblerait menacé.
"Abdullah Gül, ayant obtenu la majorité absolue au troisième tour, est élu 11e président de la Turquie avec 339 voix", a annoncé le président du Parlement, Koksal Toptan.

Liberté de culte

Le troisième tour de scrutin se décidait à la majorité simple, alors que la majorité des deux tiers était requise lors des deux premiers. Le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir occupe 341 sièges sur 550. Deux autres candidats briguaient aussi la présidence de la République.
"Tant que je serai en fonctions, je rassemblerai tous nos concitoyens sans aucun préjugé", a déclaré le président élu dans son discours inaugural après avoir prêté serment.
Il a promis de défendre les principes de la laïcité, en notant qu'ils garantissaient aussi la liberté de culte, et a également dit que la Turquie devait poursuivre ses efforts sur la voie d'une adhésion à l'Union européenne.

Symbole religieux

Abdullah Gül, diplomate dont la réputation s'est solidement établie depuis la victoire électorale de l'AKP en 2002, a contribué à l'ouverture de pourparlers d'adhésion avec l'UE.
Il entend parler au nom de tous les Turcs mais inspire de fortes réserves à l'armée, qui soupçonne l'AKP de nourrir secrètement un programme islamiste.
Nombre d'observateurs pensent toutefois que Abdullah Gül, qui a rompu en 1999 avec un parti islamiste, s'emploiera à éviter une épreuve de force.
"Il ne faut pas s'attendre à des initiatives radicales avec un président comme Gül. Ses adversaires, qui craignent cela de lui, seront surpris, et ceux de ses partisans qui tablent sur des mesures radicales seront déçus", selon l'universitaire Cengiz Candar.
La Commission et le Parlement de l'Union européenne ont salué l'élection de Abdullah Gül en la jugeant propre à redynamiser les pourparlers entre la Turquie et l'UE. "Un nouveau gouvernement va arriver au pouvoir et pourra reprendre le travail avec un mandat populaire clair", a noté José Manuel Barroso, président de la Commission.

Nouveau
cabinet

Le Premier ministre Tayyip Erdogan a indiqué qu'il soumettrait mercredi son nouveau cabinet à l'approbation du président élu. On s'attend à ce que le gouvernement accentue sa politique de réformes politiques et économiques.
L'élite laïque et les généraux turcs, qui ont renversé quatre gouvernements depuis 1960, se méfient du passé islamiste de Abdullah Gül et s'inquiètent notamment de voir son épouse porter le foulard islamique au palais présidentiel de Cankaya.
Le foulard islamique est pour beaucoup un symbole provocant de l'influence religieuse éradiquée de la vie publique par Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la république moderne édifiée sur les ruines de l'empire ottoman.

Manifestation

"Ma mère n'ira pas (au Parlement)", a déclaré le fils de Gül, Mehmet Emre, selon l'agence anatolienne de presse. Propos qui laissent penser que l'épouse du nouveau président, Hayrunnisa, cherche à éviter la controverse.
Mais selon un sondage réalisé pour le journal Milliyet, 72,6% des personnes consultées jugent normal que l'épouse du président porte un foulard de tête, contre 19,8% qui en seraient gênées.

Manifestation pour la défense de la laïcité en mai 2007

Par contraste avec les cérémonies d'investiture passées, le Parti républicain du peuple (CHP), première formation d'opposition, la haute hiérarchie militaire et une partie de l'élite laïque ont boycotté la prestation de serment de Gül.
Quelques centaines de partisans de la laïcité ont protesté devant le palais de Cankaya, placé sous haute surveillance, au cri de "la Turquie est laïque et le restera".
A Kayseri, ville natale du 11e président de la République turque, des milliers de personnes sont en revanche descendues dans la rue pour manifester leur joie.

Marché financiers

Quant aux marchés financiers, ils ont été malmenés par la faiblesse des places mondiales et la mise en en garde de l'armée. La livre turque n'a en revanche guère bougé après le vote du nouveau président de la République, reculant à 1,3290 pour un dollar.
La première tentative d'élection de Gül à la présidence avait été contrecarrée par l'opposition laïque en avril. La crise politique qui avait suivi a débouché sur des élections législatives remportées haut la main par l'AKP.
A Washington, le département d'Etat a salué mardi un "exercice de démocratie" favorisant le développement de la vie publique turque sur ce terrain.
L'accession de Gül à la tête de l'Etat parachève la conquête par l'AKP des postes clés de la hiérarchie politique turque.

mercredi 15 août 2007

L'été est pourri aussi pour les expulsés

La semaine prochaine, le 23 août, cela fera onze ans que des sans-papiers étaient brutalement évacués de l'église Saint-Bernard à Paris. Une opération bien fimée qui provoqua d'immenses manifestations de soutiens.
Brice Hortefeux aurait dû s'en souvenir, l'été n'est pas toujours propice aux expulsions tranquilles.
Protestations, bavures, c'est la routine et le ministre patauge. Ici il régularise, là il arrête, enchaînant ordres et contrordres.
Ce ne sera pas commode d'arriver aux 125 000 interpellations de sans-papiers ou au 25 000 reconduites à la frontière qu'il veut obtenir en 2007. (Le Canard enchaîné du 15 août)



Des associations de défense des étrangers appellent le gouvernement, vendredi 10 août, à revoir sa politique d'immigration après le drame d'Amiens, où un enfant de 12 ans s'est grièvement blessé jeudi en tentant de fuir la police. Le président Nicolas Sarkozy a souhaité que toute la lumière soit faite sur la chute de cet enfant russe sans papiers.
Plusieurs enquêtes, interne ou judiciaire, ont été ordonnées.

Une "réaction de peur"
Des membres du gouvernement ont évoqué d'emblée une chute accidentelle, mais la Ligue des droits de l'Homme estime que l'enfant a eu une "réaction de peur" dans le contexte actuel de la lutte contre l'immigration illégale."La politique menée par l'actuel, comme par le précédent, gouvernement ne cesse de provoquer des drames humains sans pour autant résoudre ce contre quoi elle prétend lutter", déclare-t-elle dans un communiqué.
"Au-delà de toute démarche politique, nos gouvernements semblent avoir oublié jusqu'aux principes éthiques les plus élémentaires", ajoute-t-elle."Le gouvernement d'aujourd'hui considère que les étrangers portent atteinte à la fameuse identité nationale", a déclaré la Ligue des Droits de l'Homme . "Nous sommes dans une situation de xénophobie d'Etat".

Objectifs chiffrés
L'association France terre d'asile rappelle que le gouvernement a annoncé un objectif de 125.000 interpellations et 25.000 expulsions d'étrangers en situation irrégulière par an."Nous savions tous qu'une telle politique de traque systématique ne pouvait qu'entraîner des drames. Celui d'Amiens où le jeune Ivan est entre la vie et la mort (...) n'est hélas pas le premier", avance-t-elle. "Il ne sera pas le dernier si une telle politique se poursuit."

"Quel est donc le crime si odieux ?"
Le Parti communiste souligne pour sa part, comme le Réseau éducation sans frontières (RESF), que "durant la période estivale, plutôt que de faire une trêve, les expulsions se multiplient aux quatre coins de la France.""Quel est donc le crime si odieux qui conduit un enfant, par peur, à fuir au péril de sa vie, à la seule évocation de l'arrivée de la police ?", demande-t-il dans un communiqué.
Le PCF critique également le "cynisme" de Nicolas Sarkozy qui déclare être "tenu informé très régulièrement" de l'état de l'enfant blessé."Plutôt que de faire de la communication sur la vie d'un enfant, le chef de l'Etat serait bien inspiré de retrouver la lucidité et l'humanité indispensable à tout homme d'Etat", estime-t-il.

Marche silencieuse
L'enfant présente un traumatisme crânien et des lésions cérébrales, et son pronostic vital est "engagé", a déclaré jeudi le procureur d'Amiens, Patrick Beau.
La chute a eu lieu vers 8h30, alors que la police intervenait dans le cadre d'une réquisition du procureur de la République de la ville. Selon Patrick Beau, l'enfant tentait de descendre derrière son père le long des balcons de l'immeuble pour échapper à la police venue demander à la famille de répondre à une "convocation pour audition".
Une marche silencieuse a eu lieu vendredi à Amiens en l'honneur de l'enfant. Le cortège de 200 personnes était précédé par les parents d'Ivan.

lundi 6 août 2007

"Qui" paie les vacances des Sarkozy ?


Les Français ont le droit de savoir quel "généreux donateur" paie le séjour aux Etats-Unis de Nicolas Sarkozy, dont "l'obsession médiatique" le pousse à convoquer les médias même en vacances, a déclaré lundi le PS.







"Sarkozy s'étonne que le Parti socialiste n'ait rien d'autre à faire que de poser des questions. Mais dans une République parlementaire, c'est le devoir du Parlement que de contrôler l'exécutif", dit le député Jean Glavany dans un communiqué.

"M. Sarkozy aime les milliardaires, leur fréquentation et leur générosité (...) Mais le peuple français, dans une démocratie qui se veut transparente - ce que le président répète jour après jour - a le droit de savoir quel généreux donateur engage de tels frais pour notre président et auquel, d'une manière ou d'une autre, il devra être reconnaissant", ajoute-t-il.

Dans le Parisien, le député socialiste Pierre Moscovici souligne lundi que le chef de l'Etat, même s'il ne s'agit pas de jeter une "quelconque suspicion sur son honnêteté", n'est "pas une personne comme une autre" et "ne doit pas sembler le débiteur d'intérêts privés."

Nicolas Sarkozy s'est livré dimanche au jeu des questions-réponses avec les journalistes à plus de 6.000 kilomètres de Paris, réclamant en retour la "tranquillité" pour la suite de ses vacances en famille aux Etats-Unis.

"Comme tout le monde j'ai droit à des vacances, comme tout le monde je peux partir avec des amis", a-t-il fait valoir, précisant séjourner avec deux familles de proches, une française et une franco-américaine.

Cette dernière a loué la luxueuse villa sur les rives du lac Winnipesaukee et n'a "rien à voir avec l'Etat français". Selon plusieurs articles de presse, une semaine de location dans cette résidence appartenant à un ancien haut dirigeant de Microsoft avoisinerait les 22.000 euros.
Le député PS René Dosière a estimé le coût du séjour de Nicolas Sarkozy à plus d'un an de rémunération présidentielle.

Concernant la controverse sur la libération des infirmières bulgares par la Libye, Jean Glavany souligne les "contradictions", selon lui, du chef de l'Etat qui avait déclaré publiquement n'être intervenu en rien dans la négociation sur les contrats d'armement.
"Voilà que le président déclare innocemment : " Qu'est-ce qu'on me reproche ? D'avoir ramené du travail pour les ouvriers français ? Je l'assume'. Il faut que M. Sarkozy assume aussi ses contradictions", avance-t-il.
Le responsable socialiste épingle également le "commentaire du président sur un pays "en voie de démocratisation"."Un pays qui torture et viole des infirmières indûment emprisonnées en voie de démocratisation ?", demande-t-il.