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mardi 4 septembre 2007

FRANCE • Une rentrée scolaire dans le cadre de « la modernisation de la fonction publique »


En France, quelque 12 millions d'élèves ont repris ce 4 septembre le chemin de l'école.

Ils sont accueillis par près de 879 000 enseignants, soit 11 200 de moins que l'an dernier.

L’Education nationale assume ainsi la moitié des coupes claires décidées dans le cadre de la «modernisation» de la fonction publique.

Alors que les syndicats dénonçaient «la saignée», Xavier Darcos est resté de marbre. Lors de sa conférence de presse de rentrée, le ministre a même assuré que l’on pouvait «faire la même chose avec mille postes en moins». D’après lui, il faudrait sérieusement revoir le temps et la façon de travailler des enseignants. «Il faut améliorer la productivité et la qualité de l’organisation» dans l’Education nationale, a plaidé le Premier ministre François Fillon, estimant que davantage de moyens ne servaient souvent à rien.

Une intersyndicale regroupant quinze organisations s’est réunie pour dénoncer cette situation et menacer d’une action «d’ampleur nationale».
Une vaste consultation s’ouvre en outre à la mi-septembre pour revaloriser le métier d’enseignant. Et le ministre multiplie les mots aimables envers les professeurs, leur promettant que rien ne sera fait contre eux, qu’ils n’ont pas le statut qu’ils méritent, leur promettant bientôt un pass culturel pour ne pas payer l’entrée dans les musées...

dimanche 12 août 2007

«Tintin au Congo» ou la mauvaise réputation

Il aura fallu attendre quatre-vingts ans pour que la ­controverse générée par Tintin au Congo atteigne son ­paroxysme.

Dessin de Glez paru dans Journal du jeudi (Ouagadougou)

Il y a quelques semaines, la Commission pour l’égalité raciale britannique (CRE) a jugé l’ouvrage «raciste et insultant», poussant les éditeurs à rédiger un avertissement aux lecteurs et à déplacer l’ouvrage des rayons pour enfants à celui des ouvrages pour adultes.

En Afrique du Sud, l’éditeur Human & Rousseau a récemment décidé, pour les mêmes motifs, de pas traduire cette BD en afrikaans dont les images et les textes sont «porteurs de préjugés racistes abominables, où les indigènes sauvages ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles».

La société Moulinsart, qui commercialise les albums de Tintin, est de nouveau inquiétée : un étudiant congolais de 23 ans en sciences politiques a déposé une plainte le 23 juillet pour dénoncer le caractère raciste de Tintin au Congo devant la justice belge.
Publié entre 1930 et 1931 dans le Petit Journal, Tintin au Congo reprend les clichés de l’époque sur un mode paternaliste : si les animaux parlent un excellent français, les Congolais s’expriment dans une langue approximative.
Foncièrement colonialiste et plein des stéréotypes qu’entretenaient les colons belges, Tintin au Congo a fait l’objet d’une réécriture à partir de 1946 : outre l’ajout de couleur, Hergé a également nuancé l’idéologie.
C’est comme ça que la leçon de géographie que donnait Tintin sur le mode «Votre patrie, la Belgique» devient après la guerre une leçon de mathématiques.
Si certaines modifications atténuent le colonialisme ambiant de l’album, il ne disparaît pas pour autant : «Il n’est pas admissible que Tintin puisse crier sur des villageois qui sont forcés de travailler à la construction d’une voie de chemin de fer ou que son chien Milou les traite de paresseux», clame le plaignant Bienvenu Mbutu Mondondo.

Le dessinateur Hergé, dont on fête cette année le centenaire de la naissance, s’était exprimé à ce sujet dans les années 1970 : « Pour le Congo, tout comme pour Tintin au pays des Soviets, il se fait que j’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais… C’était en 1930. »