jeudi 31 janvier 2008

Sarkozy exalte à nouveau "les racines chrétiennes" de l'Europe


Le chef de l'Etat a qualifié d'"erreur" le retrait de cette mention dans le projet de traité européen refusé en France lors du référendum de 2005. "Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy en discussion avec le Pape
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icolas Sarkozy a exalté mercredi 30 janvier les "racines chrétiennes de l'Europe" en qualifiant d'"erreur" le retrait de cette mention dans le projet de traité européen refusé en France lors du référendum de 2005, lors d'un discours devant la convention de l'UMP sur l'Europe.
"Ce fut une erreur de tourner le dos à notre passé et de renier d'une certaine façon des racines qui sont évidentes", a déclaré Nicolas Sarkozy, qui intervenait après un discours de la chancelière allemande Angela Merkel.
"Et qu'on ne vienne pas me dire qu'on remet en cause la laïcité, il suffit de survoler la France pour voir ce long manteau d'églises. Et quand même, dire qu'en Europe il y a des racines chrétiennes, c'est tout simplement faire preuve de bon sens, renoncer à le dire c'est tourner le dos à une réalité historique", a ajouté le chef de l'Etat.
"Si on renie son histoire, on ne prépare pas son avenir", a-t-il conclu.

Polémique


Les positions du président de la République sur la religion et la laïcité ont suscité la polémique ces dernières semaines, d'abord en vantant en décembre les "racines chrétiennes de la France" à Rome, puis en exaltant à la mi-janvier en Arabie saoudite l'héritage "civilisateur" des religions, dans des termes inédits pour le chef d'un Etat laïque.
L'opposition de gauche a notamment accusé Nicolas Sarkozy de vouloir remettre en cause la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905, ce que le chef de l'Etat et son gouvernement ont fermement démenti.

mardi 29 janvier 2008

Laurent Fabius appelle les électeurs à adresser un carton jaune à la politique du gouvernement Sarkozy-Fillon.

Les élections municipales et cantonales seront l’occasion de se prononcer sur la politique mise en oeuvre et à venir du gouvernement Sarkozy-Fillon. Des mauvais coups ont été portés depuis neuf mois : baisse du pouvoir d’achat des salariés et des retraités, taxes médicales, coupes sombres dans les effectifs de la fonction publique, remise en cause de la laïcité, alignement sur la diplomatie de Bush, refus d’organiser un référendum sur le nouveau traité européen.

D’autres décisions négatives sont en préparation : augmentation de la TVA et de la CSG, taxes diverses notamment sur les téléphones mobiles et les abonnements à l’Internet, démantèlement du code du travail et du système de retraites par répartition, etc.

Dans 40 jours, en se rendant aux urnes et en choisissant le bulletin socialiste, les Français auront la possibilité d’adresser un carton jaune à la politique actuelle.

lundi 28 janvier 2008

Ségolène Royal : "Connivence des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre"

Ségolène Royal a dénoncé samedi matin à Paris une "connivence" entre les puissants et "ceux qui jonglent avec les milliards", à propos de ce qu'elle a qualifié d'"invraisemblable scandale de la Société Générale".

Ségolène Royal s'exprimait à la Bellevilloise, devant quelque 500 militants de Désirs d'avenir.

Ségolène Royal a pointé "cette espèce de connivence, en haut, des puissants et de ceux qui jonglent avec les milliards pendant qu'à la base les petits ont du mal à vivre, à survivre".

"Il faut un rétablissement moral à partir de ce scandale, au moins que la leçon en soit tirée et que les banques, grâce à une loi bien claire, cessent de se faire du beurre sur le dos des plus modestes", a poursuivi Mme Royal. "Faisons très rapidement la réforme que je réclamais depuis longtemps: rémunérer les comptes de petits épargnants".

Evoquant les municipales, elle a affirmé: "c'est dans les collectivités territoriales que nous allons pouvoir faire un rempart contre la politique de la droite, celle qui met les valeurs financières au-dessus de toute valeur humaine".

"Cette invraisemblable scandale nous montre à quel point le capitalisme est devenu incompétent, irresponsable, intolérable, désinvolte", a lancé Ségolène Royal.


Avant de s'envoler pour Florence, où se tenait une réunion du nouveau parti démocrate (centre gauche), Ségolène Royal a été ovationnée par ses partisans, réunis sur le thème de la Ville, avant de futurs débats sur le développement durable puis la démocratie participative.

Lettre de Ségolène Royal

Chers amis,

Aujourd'hui, en guise de lettre d'information, il m'a semblé vraiment intéressant de vous transmettre une lettre qui, parmi le très abondant courrier reçu, m' a particulièrement frappée tant elle décrit avec des mots simples et justes, révoltés et dignes, l'inquiétante montée des précarités, à comparer avec l'invraisemblable scandale de la Société Générale et les mesures particulièrement injustes de Nicolas Sarkozy sur le paquet fiscal.

Ségolène Royal

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Madame,

Je suis toujours avec grand intérêt votre parcours. Âgé de 72 ans avec mon épouse, nous avons élevé neuf enfants et actuellement nous avons douze petits enfants.

Je suis très inquiet sur l'avenir et surtout sur le pouvoir d'achat et les charges que nous subissons. Depuis combien d'années, devons-nous faire des efforts pour sauver la sécurité sociale ?

La franchise qui nous subissons ne sera pas une économie bien au contraire, moi-même opéré de deux cancers, diabétique et coeur malade, j'ai un lourd traitement à raison de 23 boites par mois, plus le laboratoire et les consultations. Malgré mes 100%, certains médicaments ne sont pas remboursés. Nous avons une petite retraite de 1350 euros par mois, le loyer, le gaz, l'électricité, les impôts, notre mère de 90 ans en maison de retraite, nous avons aussi une participation à ses frais et nous vivons sans faire d'extra. Nous ne sommes pas les seuls malheureusement, je vois des personnes jeunes et âgées fouiller les poubelles des grandes surfaces.

Pour 2008, j'ai été obligé d'arrêter ma complémentaire et je ne pourrais pas prendre tous mes médicaments, donc je me rendrais à l'hôpital pour me faire soigner, ce qui ne sera pas une économie. Le forfait journalier étant sans complémentaire, je demanderai une aide avec la honte d'en arriver là à 72 ans.

Je n'espère pas aller jusqu'à la fin du mandat présidentiel vu ma maladie qui s'aggrave, mais j'espère et surtout, je souhaite le jour où vous arriverez au pouvoir, que vous penserez à toute cette misère. J'ai travaillé à 14 ans et j'ai fini à 60 ans pour une retraite de misère. Ma femme avec 9 enfants ne travaillait pas et ça ne lui a pas rapporté grand chose, si la médaille française.
Je m'excuse de cette présente, mais j'ai besoin de m'exprimer.

Je vous prie de croire, Madame, à ma très respectueuse considération.

Monsieur Georges P.


lundi 21 janvier 2008

François Hollande : un seul objectif, les municipales

Les ténors du Parti socialiste se sont retrouvés, dimanche 20 janvier, à Paris dans un climat d'unité apparente pour lancer la bataille des élections municipales et cantonales autour de François Hollande, qui a endossé les habits de chef de campagne. Conscient de la précarité de ces retrouvailles, François Hollande a adjuré tous les socialistes de n'avoir pour "seul objectif pendant sept semaines" que les municipales et cantonales.

Pour la première fois depuis le meeting des législatives au Zénith en juin, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius, assis au premier rang, ont parlé dans une même enceinte pour appeler les Français à délivrer "un vote-sanction" (Royal), "un carton jaune" (Fabius), à faire "rempart" contre la droite (Delanoë), repoussant leurs joutes au congrès du parti prévu d'ici la fin de l'année.
Il ne manquait pas même Dominique Strauss-Kahn. De passage à Paris, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), invité surprise, a rappelé opportunément qu'il était "un militant du Parti socialiste" et que le gouvernement méritait d'être "sanctionné" aux municipales.

Royal devant à l'applaudimètre


La réunion à la Mutualité des "éléphants", devant 2 à 3.000 militants, a naturellement déclenché un concours d'applaudimètre, remporté de peu par Ségolène Royal devant Bertrand Delanoë.
C'était le grand retour de l'ex-candidate à l'élection présidentielle dans les instances nationales de son parti, où on ne l'avait plus vue depuis le 12 mai, six jours après sa défaite. A rebours des critiques formulées en octobre dans son livre ("Ma plus belle histoire, c'est vous"), Ségolène Royal s'est voulue consensuelle, jugeant "important que les socialistes se rassemblent".
Devant photographes et cameramen, elle a échangé une accolade avec Bertrand Delanoë, suggérant ainsi qu'il n'y avait aucune rivalité entre les deux.

Sarkozy cible privilégiée


Plus tard, interrogée au "Grand Jury" RTL/LCI/Le Figaro, elle a enfoncé le clou, assurant "ne pas avoir d'ambitions affichées sur le Parti socialiste" et que la question de sa candidature au poste de Premier secrétaire n'était "pas d'actualité".
Très agacé des positions de franc-tireuse de Ségolène Royal lors de la primaire pré-présidentielle, Bertrand Delanoë, maire-candidat à Paris, s'est plu à souligner que "les progressistes" sont "meilleurs quand ils jouent collectif".
Proche de l'ex-candidate, le sénateur David Assouline vantait "l'unité, la détente et la bonne ambiance", avec "Ségolène Royal en chef de campagne".
De fait, elle a fait du président Nicolas Sarkozy sa cible privilégiée, comparant longuement "l'avant et l'après" pour délivrer sa sentence: "rien n'est pire que la trahison des engagements".

Un seul objectif, les municipales

Bien moins applaudi, Laurent Fabius a exprimé son "plaisir" de constater "le rassemblement" des socialistes. Mais il a glissé qu'à son avis, les alliances locales avec le MoDem étaient une erreur. Cette critique des "oeillades à la droite" était une pierre dans le jardin de Ségolène Royal, dont l'ex-directeur de campagne François Rebsamen a intégré quelques adhérents du parti de François Bayrou sur sa liste à Dijon.
Aidé par son statut de numéro un avec temps de parole illimité (contre dix minutes chacun à Royal, Delanoë et Fabius), François Hollande a usé de toute sa verve caustique à l'égard de la droite, déclenchant l'hilarité.
Il a brocardé les hésitations de la majorité sur la nature des élections de mars (locales ou nationales?). "Il sont apolitiques ! Ni de droite, ni de gauche ! Mais pour qui les électeurs de droite vont-ils voter, s'il n'y a plus de candidats de droite ?".

jeudi 17 janvier 2008

Polémique sur la laïcité après les propos de Sarkozy sur la religion

Alors que le président de la République présente, ce jeudi, ses voeux aux représentants des religions, ses propos tenus à Rome puis à Ryad sur l'héritage "civilisateur" des religions créent la controverse. François Hollande l'accuse d'avoir "fait de la religion un instrument de promotion commerciale des produits français".

François Hollande (Reuters)
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icolas Sarkozy a "fait de la religion un instrument de promotion commerciale des produits français", lors de sa visite en Arabie saoudite, c'est ce qu'a déclaré François Hollande, Premier secrétaire du PS, mercredi 16 janvier, alors que le président de la République doit présenter, ce jeudi, ses vœux aux représentants des différentes religions.
Ces déclarations interviennent alors que la polémique se fait grandissante sur la place que le chef de l'Etat réserve à la religion dans la société et sa conception de la laïcité.
François Hollande juge que le président de la République, dans son discours à Ryad, "n'est plus du tout sur la loi de 1905. On est dans un champ idéologique qui fait de la religion un instrument de promotion commerciale des produits français". Il cite, en outre, la volonté du président de vendre "aux pays musulmans des centrales nucléaires civiles". "On n'a pas à venir à Ryad pour défendre une conception de la religion. On n'a pas besoin de donner un label, une distinction de la bonne utilisation de la religion, surtout en Arabie saoudite", juge-t-il.

"Propos intolérables"

Le député PS Jean-Marie Le Guen a dénoncé mardi les propos "dangereux de Nicolas Sarkozy sur la religion en Arabie Saoudite" qui, selon lui, "renforcent la légitimité de ceux qui prêchent en faveur de la foi la plus radicale et la plus absolutiste".
De son côté, la FSU a dénoncé les "propos intolérables" de Nicolas Sarkozy sur la religion, estimant qu'il s'agissait d'"attaques contre le caractère laïque de la République", dans un communiqué mercredi. En outre, le Comité national d'action laïque (Cnal) a souhaité mercredi "pour 2008 une année laïque au président de la République", reprochant à Nicolas Sarkozy ses propos tenus sur la chrétienté et la religion, fin 2007, à Rome, puis en Arabie saoudite lundi. A l'Assemblée, le député socialiste Jean Glavany s'est aussi indigné du discours prononcé cette semaine à Ryad par le chef de l'Etat, "un discours où Dieu n'est plus cité à chaque page... mais à chaque ligne, créant désormais un problème de fond dans la République".

"Ouvrir la boîte de Pandore"

A droite aussi, les propos du chef de l'Etat ne laisse pas indifférent. Dans un entretien à l'Express, François Bayrou estime que "remettre en cause le principe de la laïcité, c'est ouvrir la boîte de Pandore". Par ailleurs, se refusant à commenter directement les deux récents discours de Nicolas Sarkozy à Rome et Ryad, Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, à toutefois affirmé que "la laïcité est un élément essentiel de la République, c'est l'un des piliers de la République, cette séparation entre les églises et l'Etat et ce fait que l'Etat ne s'implique pas dans la vie des différentes églises, mais aussi que l'Etat, s'il veut aider à la prise en compte du fait religieux, le fait à égalité vis-à-vis de toutes ces églises"

Wauquiez défend la "laicité positive"

Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a pour sa part estimé que "le discours du président là-dessus s'insère parfaitement dans la tradition d'une laïcité française qui n'est pas une laïcité de combat ou une laïcité de rejet de la place de la religion dans la société, mais au contraire une laïcité d'égal respect entre les différentes convictions". De même, Michèle Alliot-Marie, ministre des Cultes est venu défendre les propos du président affirmant :"nous souhaitons reconnaître le rôle de la spiritualité, de toutes les spiritualités, sous toutes leurs formes. Les Français y sont très attachés", a-t-elle dit.
"Nous voulons aider toutes les spiritualités à s'exprimer, y compris celles fondées sur l'athéisme", a-t-elle déclaré à l'Assemblée sous les huées de la gauche.

Les propos de Sarkozy

Nicolas Sarkozy devrait revenir jeudi, lors de ses voeux aux corps religieux, sur la place de choix qu'il réserve à la religion dans la société et sur sa conception de la laïcité, dans la foulée de deux discours très polémiques prononcés à Rome puis Ryad.
Après avoir vanté le mois dernier devant des dignitaires de l'Eglise catholique les "racines chrétiennes de la France", le président français a une nouvelle fois exalté lundi l'héritage "civilisateur" des religions, cette fois en Arabie saoudite devant des dignitaires du très rigoriste régime saoudien, à chaque fois dans des termes inédits pour le chef d'un Etat laïque.
En recevant le 20 décembre le titre de chanoine honoraire de l'église romaine de Saint-Jean de Latran, Nicolas Sarkozy a donc pris ses distances avec la conception de la "laïcité à la française", incarnée par la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Insistant sur les "racines chrétiennes de la France", le président lui a clairement préféré une laïcité dite "positive", c'est-à-dire "qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger, mais un atout".

lundi 14 janvier 2008

Basses attaques de Nicolas Sarkozy envers le Président François Mitterrand


Alors qu’il prononçait se vœux à la presse le jour de l’anniversaire de la mort du Président Mitterrand, Sarkozy s’est cru inspiré de multiplier les attaques malhonnêtes contre l’ancien président sur le secret de sa vie privée. Sarkozy a dénoncé la « politique d’hypocrisie et de mensonge » d’un de se prédécesseurs et la « chape de plomb » qui entourait sa vie privée, en laissant clairement entendre qu’il parlait de François Mitterrand puisqu’il a évoqué les vacances de ce dernier à Assouan.

Alors que la discrétion de François Mitterrand était à la fois louable et légitime, Sarkozy théorise sans vergogne la mise en scène politico-médiatique de sa vie privée. Une charge d’autant plus ridicule que l’on vient d’apprendre que Sarkozy n’avait rien dit d’une intervention chirurgicale qu’il a subie au Val-de-Grace en octobre, ce qui est son droit mais en totale contradiction avec sa théorie.


Sarkozy, le Louis XIV du XXIe siècle

Toutes et tous vous disent qu'ils n'en peuvent plus, que c'est l'overdose, l'asphyxie, la saturation: la vie privée de Nicolas Sarkozy exposée jour après jour au grand jour, Carla Bruni par-ci, Cécilia par-là, divorce, croisière et rumeur de mariage.

Toutes et tous tant que nous sommes n'en pouvons plus, crions grâce hypocritement... et nous précipitons tout de même sur les derniers rebondissements, les derniers cancans, les dernières révélations.

Aujourd'hui, c'est la filiation réelle de Carla Bruni qui agite les esprits: elle ne serait pas la fille biologique de feu Alberto Bruni Tedeschi, mais d'un ancien violoniste, devenu homme d'affaires au Brésil, Maurizio Remmert.

Sommes-nous devenus fous? N'y a-t-il plus que cela qui nous intéresse? Quelle mouche nous a piqués? Qui nous aidera à comprendre l'hystérie qui entoure désormais les faits et gestes du premier des Français?

Un film, peut-être. Tourné en 1966 par l'un des plus grands cinéastes italiens du XXe siècle, père du néoréalisme, et qui fut l'amant puis l'époux d'Ingrid Bergman, Roberto Rossellini.

Dans «La prise de pouvoir de Louis XIV», Rossellini nous explique comment le Roi-Soleil domestiqua définitivement tous ceux qui lui contestaient le pouvoir.

La recette? Faire de sa vie de monarque un théâtre perpétuel où tout, de son coucher à son lever, de ses repas à ses frasques amoureuses, de ses vêtements à ses animaux de compagnie, de ses divertissements à ses plaisirs intimes, était suivi par des courtisans anxieux de n'en pas manquer une miette.

Nous sommes comme ces courtisans de Louis XIV: tétanisés par le spectacle d'un Sarkozy-Roi-Soleil qui nous aveugle de sa vie intime surexposée pour mieux fixer notre attention. Et nous faire oublier que pendant ce temps, et comme Louis XIV, il gouverne d'une main de fer.

samedi 12 janvier 2008

Ségolène Royal : Nicolas Sarkozy est "exhibitionniste", désinvolte"...

Ségolène Royal a fustigé Nicolas Sarkozy samedi 12 janvier à Saint-Brieuc, le qualifiant de président "désinvolte", "exhibitionniste" et "qui vit comme un milliardaire", une attitude qui selon elle, jure avec "la France authentique" où domine "une forme de pudeur". "On a un président désinvolte, un président qui improvise, un président exhibitionniste", a déclaré l'ex-candidate PS à l'Elysée, venue soutenir la députée PS Danielle Bousquet, qui tentera aux élections municipales de reprendre la mairie perdue par la gauche en 2001. "A la désinvolture, j'oppose le respect, la République du respect", a poursuivi Ségolène Royal lors de son premier déplacement pour les municipales de mars.
"Je suis ici dans la France des territoires, la France sérieuse, la France authentique, qui attend que les problèmes soient réglés. C'est aussi une forme de pudeur", a ajouté la présidente de la région Poitou-Charentes.

Sarkozy "vit comme un milliardaire"

Selon elle, "la France a besoin d'élus de terrain qui savent la réalité des choses". "Nous avons un président de la République qui vit comme un milliardaire, il n'a plus du tout conscience de ce que nous attendons", a-t-elle repris.
Faisant allusion à des propos de Nicolas Sarkozy durant sa conférence de presse de mardi, Ségolène Royal a fait observer que "Nicolas Sarkozy a fait un bilan assez féroce de lui-même puisqu'il a dit que les caisses étaient vides". "Ca fait cinq ans qu'il est au pouvoir, il a de lui-même vidé les caisses. Aujourd'hui l'enjeu, c'est qu'un euro dépensé soit un euro utile", a-t-elle ajouté.

Tenante d'une "politique morale, sérieuse, respecteuse"

La dirigeante socialiste a présenté son "engagement" dans la bataille municipale comme "une forme de défense d'une politique morale, sérieuse, respecteuse, qui est le contraire de ce que fait Nicolas Sarkozy". Selon l'ex-candidate à la présidentielle, "l'enjeu des municipales est un enjeu national, qui permet de montrer une gauche volontaire, une gauche présente, une gauche offensive, une gauche imaginative, et qui s'appuie sur les territoires pour défendre la vie des gens au quotidien".
Ségolène Royal avait rejoint Danielle Bousquet dans un café du centre-ville, avant de parcourir avec elle le marché.

mercredi 9 janvier 2008

Ségolène Royal : le temps des illusions se termine, celui des inquiétudes commence




Lettre de Ségolène Royal

J'ai reçu la presse en réponse à la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. À cette occasion, j'ai déploré le manque de propositions concrètes sur le pouvoir d'achat et j'ai avancé les propositions urgentes suivantes :

  • Revenir sur le paquet fiscal afin de doubler la prime pour l'emploi, pour revaloriser le travail de salariés modestes et d'augmenter leur pouvoir d'achat,
  • S'attaquer aux secteurs de la grande distribution en supprimant les ententes implicites entre les enseignes et les marges arrières,
  • Réformer l'indice des prix,
  • S'attaquer aux tarifications bancaires abusives (surendettement, crédit revolving, etc.)


J'ai montré à la presse le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy et j'en ai relu les engagements dont on attend toujours la réalisation et notamment, je cite, page 9 : « J'augmenterai de 25% le minimum vieillesse et je revaloriserai les petites retraites ».

Compte-tenu de la situation de la France, nous attendions beaucoup de ces voeux. Le temps des illusions se termine, celui de l'inquiétude commence.

Le moral est au plus bas, les jeunes sont les plus pessimistes de l'ensemble des pays de l'OCDE, la désillusion fait place à l'inquiétude :

  • la vie chère,
  • les petites retraites,
  • le prix excessif de l'alimentation et de l'énergie.


Je me suis étonné de l'absence de bilan de ces huit derniers mois. Nicolas Sarkozy s'est pourtant toujours revendiqué d'être « en première ligne ».

On a donc un président « commentateur » de son inaction, de la « commissionnite aiguë » (plus de 100 commissions ont été créées depuis son élection, tous ministères confondus), un président du commentaire de l'exaspération.

En réponse aux questions des journalistes :

  • Sur la fin des 35 heures, en écho aux déclarations des organisations syndicales, j’y vois une “forme de provocation et une forme d'improvisation” : une forme de provocation parce que cela préfigure en fait la fin de la durée légale du travail, une forme d’improvisation parce que cela met par terre une de ses principales propositions
  • Sur la suppression des recettes publicitaires pour l'audiovisuel public, j'ai constaté, suite à cette annonce, la hausse de 12% de l'action de TF1 à la bourse de Paris (puisque cela constitue une manne publicitaire supplémentaire pour les chaînes privées). Tout cela est-il bien moral ?

mardi 8 janvier 2008

Non à une politique de Quotas. Non à des tribunaux d’exception pour les étrangers



Lors de sa conférence de presse du mardi 08 janvier, au chapitre Immigration, le président Nicolas Sarkozy a d’emblée réclamé que la France aille "jusqu'au bout d'une politique fondée sur des quotas" puis s’est prononcé pour l’instauration d’une « juridiction spécialisée en droit des étrangers », précisant ne pas savoir si ces juridictions spécialisées seraient "administratives" ou "judiciaires".

Le MRAP, une fois de plus, s’élève contre la notion de quotas dont la politique la plus récente a illustré l’extrême dangerosité sur le plan des discriminations et du racisme, illustrée par les nouvelles dispositions en matière de « régularisation » individuelle de travailleurs étrangers, an cas pas cas, en fonction des besoins par régions et professions. Au nom de la « préférence communautaire », une liste de 150 professions peu ou moyennement qualifiés sont réservées aux citoyens Européens tandis qu’une liste d’une trentaine d’autres professions de niveau universitaire sont réservées aux migrants des pays non Européens, mettant clairement en relief le choix d’exclure de toute régularisation, dans la ligne d’une politique « quasi-coloniale »
d’immigration choisie, la majeure partie des travailleurs sans papiers actuellement en France, tout particulièrement originaires du continent Africain dont les transferts de fonds vers les pays d’origine dépassent d’ailleurs de très loin toute l’Aide Publique au Développement.

Une telle politique va à l’encontre de tout projet d’aide au développement dont l’Union européenne a pourtant réitéré l’engagement, lors du récent Sommet Union Européenne-Union Africaine de Lisbonne. Une telle exclusion contredit aussi de manière flagrante l’annonce de « politique de civilisation » à propos de laquelle le président Sarkozy précise :"J'ai voulu remettre l'homme au cœur de la politique"

Quant à la création d’une juridiction spécialisée en droit des étrangers, au statut judiciaire ou administratif encore indéterminé, elle constitue pour le MRAP un motif de grave inquiétude. Une telle juridiction remplacerait les juridictions existantes de deux ordres qui ont à connaître du sort des étrangers en France. Ce serait donc priver les étrangers des garanties particulières, en matière de protection de leurs droits et libertés, que constituent le contrôle du procureur et
l’intervention du Juge de la Liberté et de la Détention.

Le MRAP
estime particulièrement choquante une telle mesure qui démontre clairement la volonté d’instaurer un régime d’exception, pour ne pas dire de « ségrégation », chaque jour plus poussé à l’encontre des étrangers.

Les juges affectés à cette future juridiction risquent de se voir relativement isolés de l’évolution des autres branches du droit et le traitement juridique des situations propres aux étrangers de se trouver ainsi de plus en plus coupé de la façon dont le droit « commun » répond aux problèmes de société, notamment économiques ou sociaux. Cette annonce organise et renforce les tendances existantes lourdes à la ségrégation.

En outre, elle confirme et valide sur tout le spectre politique une politique de criminalisation des populations immigrées.

Paris, le 08 janvier 2007

NON à la perpétuation du rallye de la honte


Les motifs qui ont poussé à l’annulation in extremis d’un Rallye aux répercussions catastrophiques pour le continent Africain et ses habitants depuis trois décennies, ne sont malheureusement pas de ceux dont on peut se féliciter. Le MRAP condamne vigoureusement les
assassinats et les menaces terroristes qui en sont la cause.

Puisse cet arrêt brutal d’une manifestation qui charrie le mépris des populations locales en marquer le point final.

Le MRAP déclare sa ferme opposition à l’apologie paroxystique de la « bagnole » qui manifeste un intolérable mépris de la vie et qui, dans la pratique, a déjà causé la mort en 2006 de deux enfants (un guinéen et un sénégalais) sur les parcours vers Dakar, à travers Maghreb, Sahara et Sahel.

Ce dangereux déferlement de machines et jouets coûteux, que sont en particulier les 4x4, représente de juteux profits pour les organisateurs et n’apporte aucune retombée en termes de solidarité, de respect et de développement pour les populations pauvres des régions traversées qui sont « convoquées » dans un pur rôle de spectateurs de jeux de riches.

Enfin, alors même qu’est sonnée l’alerte au réchauffement climatique dont on sait qu’il va inéluctablement causer des millions d’exils forcés pour échapper à la montée des eaux ou à l’avancée des terres arides, il est particulièrement honteux que le Nord continue à faire du Sud son terrain de jeu pour des cylindrées polluantes et grosses consommatrices de pétrole.

Il est urgent de décider l’arrêt définitif de ces rallyes de la honte !

Le MRAP appelle à signer la pétition ouverte à cet effet sur le site :
http://www.gopetition.com/online/7725.html

Paris, le 7 janvier 2008.

Secrétariat de Direction
Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples
43 bd Magenta - 75010 Paris - http://www.mrap.fr
Histoire du MRAP (actualisé) : http://mrap.juridique.free.fr

vendredi 4 janvier 2008

Berluskozysme


Tribune publiée par Laurent Fabius dans le journal Libération.

Le Président français aimerait, paraît-il, qu’on le compare à la chancelière allemande, Madame Merkel. Après huit mois d’exercice élyséen, une autre comparaison vient malheureusement plutôt à l’esprit : Sarkozy-Berlusconi.

Avec le berlusconisme, le sarkozysme partage en effet au moins trois traits essentiels. D’abord le rapprochement entre la droite et l’extrême droite. N’oublions pas que c’est ce rapprochement qui explique les résultats électoraux dans la France actuelle comme dans l’Italie d’hier. Certains s’en réjouissent, y voyant la réintroduction dans le champ républicain d’un électorat autrefois latéral. Voire ! C’est oublier que l’opération comporte un prix lourd : tests ADN requis pour filtrer les étrangers, chasse aux sans papiers jusque dans les écoles, rupture désormais marquée avec notre tradition laïque, approche simpliste de la situation des banlieues - sur ces points, le Président français se retrouve plus proche des thèses du Front national que du gaullisme qu’il a manifestement passé par dessus bord.

En politique extérieure aussi, beaucoup d’aspects rapprochent M. Sarkozy et l’ancien Président du Conseil italien. Nous sommes - et c’est très bien ainsi - les amis et les alliés du peuple américain. Cette amitié et cette alliance ne justifient pas un quasi-alignement sur la politique bushiste ni en Irak, ni en Iran. Elles n’impliquent pas davantage la banalisation programmée de la position française au sein de l’OTAN. Avec, en prime, une certaine complaisance concernant des atteintes aux droits de l’homme.

Enfin et surtout, M. Berlusconi a bâti son pouvoir personnel sur sa domination des médias, M. Sarkozy emprunte le même chemin. Sans doute ne possède-t-il pas lui même directement ces médias, c’est l’affaire de quelques proches. Mais le système est tout autant cadenassé et anti-démocratique. C’est bien un régime nouveau qui a commencé de s’établir où s’additionnent tristement révérence et concentration autour de certaines puissances d’argent, confusion entre le peuple et le people, mépris pour les contrepoids traditionnels de la démocratie.

Certes, le Président français comme son alter ego italien ne manque ni d’énergie, ni de talents. Certes, sa victoire n’a été possible que par la conjonction de la lassitude envers l’immobilisme précédent et de la défiance envers la gauche. Une gauche divisée, souvent porteuse non pas comme elle le devrait, d’une vision mobilisatrice pour l’Europe et pour la France, mais d’une alternative décevante entre télévangélisme égotiste et arrangements mollassons.

Mon pronostic ? Le berluskozysme français n’apportera pas plus de résultats économiques et sociaux que son cousin transalpin. L’innovation industrielle sociale, écologique, démocratique, culturelle, qui serait indispensable à notre pays ne sera pas au rendez-vous. Le pouvoir d’achat du plus grand nombre, salariés et retraités, stagnera quand il ne régressera pas. Les chiffres du chômage ne reculeront que sous l’effet mécanique de la démographie. Et les quatre grandes menaces mondiales - terroriste, nucléaire, climatique, financière - feront l’objet sans doute de moulinets médiatiques, mais, je le crains, d’aucune initiative vraiment décisive du président français. Quant au débauchage de quelques personnalités autrefois de gauche attirées par l’odeur de la soupe, ce n’est pas lui qui changera la donne.

Faut-il alors se décourager ? Certainement pas ! Le début d’année est propice aux bonnes résolutions. Je formule celle-ci, avec détermination : face au berluskozysme, il est temps de relever le défi... et la tête.

jeudi 3 janvier 2008

Montebourg conseille à Kouchner de démissionner

Dans une "lettre à un ami perdu dans Disneyland" qui doit paraître jeudi 3 janvier dans Le Nouvel Observateur, Arnaud Montebourg, s'adressant directement à Bernard Kouchner, juge que "la rupture de Nicolas Sarkozy dans laquelle tu as voulu jouer te laissera sur le carreau, en loques et seul au monde".
Le député de Saône-et-Loire, qualifiant le ministre d'"ami", d'"homme de haute estime qui a contribué à changer la face de ce triste monde", juge que la politique étrangère de Sarkozy "est l'exact contraire de tes valeurs et de tes choix". Pour Arnaud Montebourg, "Sarkozy veut la photo avec tes ennemis historiques et moraux, et toi, il ne te reste qu'à tenir la chandelle".
"Ce n'est pas toi le véritable ministre des Affaires étrangères, mais l'omnipotent patron de la cellule diplomatique de l'Elysée, Jean-David Levitte, qui fait nommer les ambassadeurs, construit les stratégies, représente le président et négocie dans ton dos", assène Arnaud Montebourg.

"Ciment atlantiste"


"Jusqu'où l'humiliation devra-t-elle faire entrer son mauvais parfum dans la tête pour que tu réagisses enfin?", interroge-t-il encore.
Pour Arnaud Montebourg, Bernard Kouchner joue un "tout petit rôle de figurant". Il ne voit qu'une "seule explication": "tu as un accord politique avec ton nouveau maître le président Sarkozy pour te faire accepter ce que ton amour-propre rend inacceptable".
Pour lui, "ce ciment atlantiste qui t'unit à Sarkozy serait donc celui qui te maintient à flots dans cette pitoyable comédie, qui commence à Disneyland mais finit dans la tragédie d'une guerre incontrôlable, peut être mondiale".
"Si c'est ce sinistre dessein qui te fait composer ainsi avec toi-même, je préfère te dire que tu ne t'en relèveras jamais", lance Arnaud Montebourg qui conclut par: "Le mieux pour toi-même et pour la France serait que tu prépares ta sortie" et ta "lettre de démission". (avec AFP)